Questions de santé (tests)

Les organismes de réglementation

Plusieurs tests sont disponibles pour mesurer la dysplasie de la hanche. Quoique l'objectif soit le même, le degré de fiabilité varie en fonction du test

OFA (Orthopedic Fondation for Animals)

L'évaluation des radiographies par l'OFA est effectuée par un comité composé de trois radiologistes dont la moyenne des opinions permet d'établir les cotes Excellent, Good, Fair, Borderline, Light dysplasia, Medium dysplasia ou Severe dysplasia. (avec ou sans dégradation). Le chien devra alors être âgé d'au minimum de 24 mois avant de pouvoir être évalué. Seul l'OFA évalue "officiellement" le degré de dégradation qui sera occasionné par l'asymétrie de la hanche et du fémur.

GDC (Institue for Genetic Disease Control)

Cet organisme respecte les mêmes critères que l'OFA à la différence que les radiographies peuvent être acheminées dès l'âge de 12 mois. Le GDC permet donc d'obtenir une opinion sur le degré de dysplasie à partir de cet âge. Ceci permet aux éleveurs de commencer à reproduire leurs femelles dès leur troisième chaleur. Cet organisme a fusionné sa base de données en 2002 avec celle de l'OFA, tellement leurs ressemblances étaient similaires.

Avantages et inconvénients des tests OFA et GDC

Les tests OFA sont les meilleurs en ce qui a trait à l'évaluation de la symétrie de la hanche et du fémur. De plus ces organismes étant les plus anciens, leurs bases de données permettent de mesurer l'incidence historique de la maladie.

Malheureusement, ces organismes n'applique aucun contrôle et ne demande le respect d'aucune norme particulière. Plus précisément:

  • un éleveur peu décider de n'envoyer que les radiographies présentant un potentiel d'acceptation élevé. Ceci a pour effet que les statistiques émises par ces organismes ne couvrent que les chiens susceptibles d'être en bonne santé et non tous les chiens étudiés.

  • il arrive que les chiens soient radiographiés éveillés. La résistance provoquée par le chien "éveillé" montrera un degré de laxité moindre que s'il est endormi et bien détendu.

  • la position d'extension préconisée par l'OFA a pour effet d'enfoncer la tête du fémur dans la hanche, masquant ainsi toute laxité apparente.

  • les résultats sont subjectifs et sont fondés sur l'opinion de trois radiologistes. Compte tenu que cette équipe n'est jamais la même, une autre équipe pourrait arriver à des conclusions différentes.

  • Une étude récente (2000) de l'American Veterinary Medical Association (extrait des conclusions) indique que le faible degré (environ 30%) de prédiction de la transmission du gène de la dysplasie à une descendance va, "au mieux permettre une lente amélioration génétique sans espoir de l'enrayer complètement".

Penn-hip (University of Pennsylvania Hip Improvement Program)

Ce test n'est effectué que par des vétérinaires formés précisément aux méthodes devant être employés lors de la prise des trois radiographies. Ces dernières sont réalisées sous anesthésié et à la suite d'une injection d'un drogue permettant le relâchement des muscles. Les résultats sont analysés par une "machine" sous la responsabilité d'un seul et même comité, et sont présentés selon un indice de distraction gradué de 0 (pas de laxité) jusqu'à 100 (dysplasie sévère).

Comparaison des résultats Penn-HIP et OFA-GDC

PENN-HIP OFA-GDC
jusqu'à 30 Excellent
31 à 50 Good
51 à 80 Fair
81 à 90 Dysplasie légère (Light Dysplasia)
91-100 Dysplasie moyenne (Medium Dysplasia)
plus grand que 100 Dysplasie sévère (Severe Dysplasie)

Seule l'hôpital vétérinaire de Ste-Hyacinthe est autorisée, pour la province de Québec, à effectuer ces tests dès l'âge de 4 mois.

Notre opinion personnelle

Malgré tout ce dédale de tests, la solution parfaite n'existe pas encore. Nous croyons par ailleurs que le test Penn-hip offre un meilleur degré de prédictivité car tous les chiens sont évalués exactement de la même manière et selon les mêmes normes strictes. Compte tenu que toutes les radiographies prises (bonnes et moins bonnes) doivent être envoyées pour analyse, nous croyons que la base de données qui est en train de se constituer permettra aux scientifiques de mesurer réellement l'incidence de la maladie. Malgré tous les efforts déployés, la littérature actuelle s'entend pour dire qu'il reste toujours un risque de dysplasie de 2% en dehors de tout contrôle.

Prévision du développement de la maladie
Nos propres expériences ont démontré qu'un index de distraction obtenu chez un chien âgé de 6 mois était pratiquement semblable à celui obtenu lors d'un second test passé l'âge de 24 mois. Nous avons donc confiance au test Penn hip pour prédire le développement de la maladie chez un chiot.
 
Capacité de prévoir si les chiots d'une portée seront dysplasiques
Aucune étude ne permet actuellement de prévoir efficacement l'état de santé d'une progéniture. Ici encore, nos propres expériences ont démontré qu'aucun de nos chiots n'a présenté un index de distraction plus faible que ceux des parents et des grands-parents réunis.
 
Nombreux résultats décevants avec les test OFA
Un confrère éleveur,bien connu au Québec, a tenté des accouplements externes à quelques reprises avec des candidats classés "Excellent" par le OFA. La grande majorité des tests Penn-Hip effectués sur les chiots issus de ces accouplements ont indiqué des indices de distraction avoisinant les 70% (donc très près de la dysplasie légère.  Comment peut-on alors avoir confiance en des cotes "excellentes" si elles génèrent des chiots quasiment dysplasique? Vous comprendrez que notre degré de confiance dans les tests OFA soit très faible!